• Réduire le texte

    Réduire le texte
  • Rétablir taille du texte

    Rétablir taille du texte
  • Augmenter le texte

    Augmenter le texte
  • Imprimer

    Imprimer

Vaccin contre la bronchiolite : des avancées prometteuses pour les nourrissons

Des chercheurs de l’INRA et leur partenaire DBV Technologies obtiennent des données précliniques encourageantes dans l’évaluation du vaccin qu’ils développent contre la bronchiolite. Leurs expérimentations révèlent que des animaux vaccinés avec un patch sont protégés contre le virus à l’origine de la maladie. L’ensemble des résultats a été présenté en novembre 2015, au congrès mondial sur la vaccination contre le Virus Respiratoire Syncytial (San Diego, Californie).

Nourrisson. © Inra, Jean-François Eléouët
Mis à jour le 12/07/2016
Publié le 07/01/2016

Des affections respiratoires qui touchent les nourrissons et les jeunes veaux

Le Virus Respiratoire Syncytial (VRS) est le principal agent responsable de la bronchiolite chez le nourrisson (VRS humain) et de la pneumonie chez le veau (VRS bovin). Ces affections contagieuses touchent un bon nombre des enfants de moins de 2 ans et représentent plus de 60% des maladies respiratoires observées dans les troupeaux bovins. Elles constituent un véritable problème de santé publique : actuellement il n’existe aucun vaccin chez l’homme, et ceux destinés aux bovins sont peu efficaces.


Le principe du vaccin

La vaccination consiste à administrer chez un individu sain un antigène issu de l’agent infectieux contre lequel une protection est recherchée. L’administration de l’antigène provoque une réponse du système de défense immunitaire : production d’anticorps, de lymphocytes T tueurs et de lymphocytes « mémoire ». L’ensemble de ces réactions confère une protection de l’individu contre des infections ultérieures par l’agent infectieux.

Les antigènes couramment utilisés dans la production de vaccins sont les agents infectieux rendus inactivés ou atténués, leurs toxines ou des parties de l’agent infectieux, comme par exemple les protéines qui le composent (vaccins sous-unitaires).


Un nouveau vaccin contre le Virus Respiratoire Syncytial…

Les travaux réalisés sur le Virus Respiratoire Syncytial bovin ont permis aux chercheurs de l’INRA de concevoir et de développer un nouvel antigène vaccinal. Sa capacité à induire de fortes réponses du système de défense immunitaire et à protéger les animaux contre le virus a été démontrée chez la souris et le jeune veau. L’originalité de l’antigène repose sur sa structure en forme d’anneau composé de 10 motifs viraux identiques : une protéine présente chez le virus respiratoire bovin et humain. Les chercheurs ont de plus renforcé l’efficacité de l’antigène en ajoutant à l’anneau des petits fragments d’une autre protéine du virus.

L’ensemble de ces technologies a fait l’objet de deux demandes de brevet déposées par l’INRA en 2005 et 2006.


… associé à une voie d’administration innovante…

Les chercheurs de l’INRA et de la société DBV Technologies se sont associés pour développer un vaccin pédiatrique contre la bronchiolite. Le vaccin est administré au niveau des couches superficielles de la peau grâce au système de délivrance Viaskin®. L’antigène vaccinal a été déposé sur le patch Viaskin® selon un procédé d’électrospray : de fines gouttelettes de l’antigène sont dispersées sur le patch pour former en s’évaporant des couches homogènes de particules sèches et actives.

Patch vaccinal développé par la société DBV Technologies et l'INRA. © Inra - DBV Technologies
Patch vaccinal développé par la société DBV Technologies et l'INRA © Inra - DBV Technologies

La technologie développée et brevetée par DBV Technologies consiste à appliquer sur une peau intacte le patch Viaskin® chargé en principes actifs. Une fois administrés, les composés gagnent directement les cellules spécifiques du système immunitaire présentes dans la peau. Cette voie d’administration évite le passage des composés dans le sang.


… pour protéger les nourrissons contre la bronchiolite

Les chercheurs ont ensuite étudié l’efficacité du patch vaccinal pour protéger contre le VRS. Pour cela ils ont établi un protocole de vaccination consistant à appliquer les patchs chargés en antigène sur la peau des animaux de l’étude : souris et porcelets.

Les analyses sanguines des souris vaccinées ont révélé la présence d’anticorps dirigés contre le virus respiratoire. Les souris vaccinées exposées ensuite au virus ont présenté un très faible niveau d’infection en comparaison aux souris non vaccinées. La vaccination a donc ici protégé les souris de l’étude contre le Virus Respiratoire Syncytial.

La peau des porcs ressemble très fortement à la peau humaine. C’est pourquoi les chercheurs ont validé la capacité du patch vaccinal à activer les défenses immunitaires chez les porcelets. L’examen microscopique de leur peau a en outre montré que l’antigène vaccinal avait gagné les cellules immunitaires spécifiques de la peau et interagi avec elles.

Ces données sont encourageantes pour le vaccin pédiatrique développé par les chercheurs contre la bronchiolite. Administré par simple application d’un patch sur la peau, efficace, sans douleur et sans aiguille, il devrait satisfaire parents et jeunes enfants…

Cette étude préclinique a reçu un financement de l’ANR, l’Agence Nationale pour la Recherche (projet 12-RPIB-0004-01).

Contact(s)
Contact(s) scientifique(s) :

Contacts chez DBV Technologies :
Nathalie Donne, Lucie Mondoulet , Pierre-Louis Hervé
Département(s) associé(s) :
Santé animale
Centre(s) associé(s) :
Jouy-en-Josas

En savoir plus

Ces résultats ont été présentés en novembre 2015, au congrès international sur la vaccination contre le RSV (RSVVW 2015). Lire le communiqué de presse de DBV Technologies : http://hugin.info/156437/R/1967521/718821.pdf